mer. 28 oct. 2026 - ven. 30 oct. 2026
mer. 21 oct. 2026
Identités en jeu, séduction en scène - Baptiste Lanaspèze
Baptiste Lanaspèze, philosophe et éditeur conférence suivie d’un échange avec le théoricien des arts Mathieu Garling
Baptiste Lanaspèze
L’écologie, un truc de blancs ?
À observer la sociologie d’EELV ou du mouvement climat, la chose semble évidente : l’écologie serait un luxe de la classe moyenne blanche ; le bio, un truc de bobos ; l’éco-anxiété, le problème de ceux qui n’en ont pas. Face à elle, une écologie décoloniale se met en place, sur d’autres bases, depuis les Suds et les groupes sociaux non blancs.
Ce récit manichéen, de part et d’autre de la ligne raciale, a cependant un angle mort : les liens organiques entre le mouvement écologiste et le mouvement décolonial. Le mouvement écologiste est né dans les années 1960 et 1970 au sein de la contre-culture, baignant elle-même dans les mouvements pacifistes, anticolonialistes et panafricanistes dont on ne peut la séparer. Par ailleurs, une écologie philosophiquement cohérente, qui entend dépasser le dualisme hiérarchique homme/nature, ne peut ignorer qu’il s’agit là de la clef de voûte de l’édifice colonial, qui conditionne d’autres dualismes hiérarchiques comme blanc/indigène, civilisé/sauvage.
Dans Guérir de l’Occident, un essai tissé d’éléments autobiographiques, je reviens sur la façon dont les pensées de l’écologie ont été pour moi – depuis la création en 2008 des éditions Wildproject – le fil rouge d’un retrait du monde blanc, d’une émancipation progressive vis-à-vis de ses fantasmes universalistes, de ses intimidations et de ses séductions.
Tarifs
Gratuit
