Into the Wild, vraiment ?  - Semaine de la Pop Philosophie
Conference
Date unique

ven. 23 oct. 2026

Into the Wild, vraiment ? - Semaine de la Pop Philosophie

Marion Laval-Jeantet, artiste-chercheuse Salomé Ambert, géographe Jeremie Brugidou, artiste-chercheur conférences, suivies d’une conversation avec les philosophes Jeanne Etelain et Julie Beauté

Salomé Ambert

L’appel du sauvage. Fantasmer le réensauvagement

Il était une fois des paysages européens peuplés de bisons, de loups, de castors ou même d'éléphants. Et s'il était temps aujourd'hui d'envisager leur retour ?

Depuis les années 1990, le rewilding — ou réensauvagement — invite à favoriser le « retour » d’espèces ou de processus considérés comme « naturels », qu’ils reviennent spontanément ou qu’on les y aide un peu. Le retour des loups, les images de reconquête par les friches, la réintroduction des bouquetins ou des vautours : ces récits ont quelque chose de fascinant.

En effet, derrière le réensauvagement se cache tout un imaginaire : celui d’une nature sauvage qui serait là, quelque part, prête à reprendre ses droits dès qu’on lui laisse un peu de place. Une nature foisonnante, puissante, dans son expression la plus entière puisque débarrassée — au moins en partie — de l’emprise humaine. Rêver le retour du sauvage, c'est prendre part à un fantasme collectif.

Mais que nous raconte ce fantasme sur notre propre manière d’imaginer la nature ? Pour le découvrir, nous suivrons la trace de plusieurs romans d’anticipation qui mettent en scène le réensauvagement à travers le retour des loups, des ours et des lynx en Écosse. Que nous disent-ils des futurs rêvés par le réensauvagement ? Au fond, quand nous fantasmons un monde plus sauvage, que disons-nous de notre relation au monde ?

Jeremie Brugidou

Phylogénie des imaginaires

Dans un futur lointain ou une dimension parallèle, l’humanité subsiste tant bien que mal dans le solipsisme qu’elle a engendré : il n’existe plus aucune forme d’altérité animale ; sauf quelques fantasmes, fantômes ou hologrammes, des présences énigmatiques presque légendaires, et qui un jour, brisent le statut quo des Stations orbitales où l’espèce humaine s’est réfugiée. L’animalité fait irruption, parfois violemment, mais surtout, avec toute sa puissance d’apparition qui devient visible sur le fond de néant qui l’environne. D’où viennent-elles ces formes non-humaines, que nous racontent-elles, quelle est leur source ? Restées sur Terre, d’autres âmes humaines poursuivent une quête semée d’obstacles : relocaliser les lieux de résurgence du vivant. Les deux enquêtes se rejoignent au point le plus indistinct : l’interprétation des rêves.

À partir de ces pistes fictionnelles, nous pourrons explorer les liens que l’évolution du vivant entretien avec l’imagination de la vie, autrement dit, la phylogénie des imaginaires. Ce postulat de la contamination généralisée des intériorités permet d’envisager des champs disciplinaires nouveaux, comme la biomythologie, ou l’éthologie des créatures créatrices.

Tarifs

Gratuit

Lieu

Muséum d'histoire naturelle de la Ville de MarseillePalais Longchamp, Rue Espérandieu, 13004 Marseille

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